Rue Racine, Premier évêque du diocèse de Sherbrooke (1822-1893)

Elle est ouverte vers 1903, probablement sous le nom de Brompton Avenue. La rue est municipalisée en 1914. Le nom actuel lui est probablement attribué vers 1972 puisqu’il apparaît dans un procès-verbal du conseil municipal, le 14 novembre 1972.

Ce chemin est ouvert vers 1900 entre la route de Windsor et le chemin du 2e Rang, puisque plusieurs maisons de ferme datent de cette époque. Le nom est utilisé par le conseil municipal de Bromptonville depuis, au moins, avril 1959 et rappelle la mémoire d’une famille rurale nombreuse établie dans ce secteur.

Ludger Soucy est né en 1868 à Saint-André-de-Kamouraska. Il est le quatrième des sept enfants d’Aglaé Lévesque (1835-1885) et de Hyacinthe Soucy (1833-1924), cultivateur. Vers 1880, Ludger vient travailler chez son parrain, Félix Therriault, sur le chemin du 6e Rang de Saint-François-Xavier-de-Brompton. En 1888, en l’église de Saint-François-Xavier, il épouse Hermine Emma Lavoie (1871-1950). Le couple a 12 enfants, les sept premiers-nés à Saint-François-Xavier-de-Brompton et les autres dans le canton de Brompton; sauf deux, ils sont presque tous décédés à Bromptonville : Ludger fils (1890-1971), Félix (1892-1972), Edwidge (1893-1956), Éva (1895-après 1919), Adélard (1898-1976), Odilon (1900-1919), Omas (1903-1958), Raymond (1906-1969), Simone (1907-1945), Rolande (1909-2003), Irène (1911-1987) et Hermine (1913-1914).
La famille Soucy s’établit dans le canton de Windsor, sur l’actuelle route de Windsor, à quelques arpents du chemin qui porte aujourd’hui le nom de Soucy, soit la deuxième ferme à partir de ce chemin en direction de Windsor. Ludger Soucy y cultive la betterave et autres légumes. Il a aussi un troupeau de vaches laitières et une porcherie. Au moyen d’un bac, il transporte chaque été moutons et bêtes à cornes dans l’île voisine de la rivière Saint-François et y fait les foins. De 1905 à 1910, il est commissaire de la Commission scolaire du canton de Brompton et il en est président de 1910 à 1915. De 1906 à 1908, il est conseiller municipal du canton de Brompton. Pendant plusieurs années à partir de 1921, il est marguillier à la paroisse de Sainte-Praxède. Il décède en 1956 à Bromptonville. Il est inhumé avec son épouse dans le cimetière de Sainte-Praxède.

PAR Gérard Côté
amateur d’histoire

par Jean-Marie Dubois
Géographe et
professeur émérite,
Université de Sherbrooke 

Cette rue fait partie du plan d’aménagement de rues du quartier dit des Anglais par la Brompton Pulp and Paper en 1901. 

Elle est ouverte vers 1903, probablement sous le nom de Brompton Avenue. La rue est municipalisée en 1914. Le nom actuel lui est probablement attribué vers 1972 puisqu’il apparaît dans un procès-verbal du conseil municipal, le 14 novembre 1972. 

Antoine Racine est né en 1822 à Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette, maintenant Loretteville près de Québec. Il est un des sept enfants de Marie-Louise Pépin et de Michel Racine, forgeron. En 1833, Antoine débute ses éléments latins chez son oncle, Antoine Bédard, curé de la paroisse de Saint-Charles-Borromée, à Charlesbourg. En 1834, il poursuit son cours classique au Séminaire de Québec, où il a comme professeur l’abbé Jean Holmes (1799-1852), ancien missionnaire dans les Cantons de l’Est de 1823 à 1827. Il poursuit ensuite sa théologie au Grand séminaire de Québec. Il est ordonné prêtre en 1844. Il est d’abord vicaire de la paroisse de Saint-Étienne, à La Malbaie, de 1844 à 1848. De 1848 à 1851, il est le premier curé de la paroisse de Saint-Eusèbe, dans le canton de Stanfold (maintenant Princeville), où il commence à s’intéresser sérieusement aux problèmes de la colonisation et de l’émigration des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre. À partir de 1851, il est un des prêtres actifs dans la nouvelle Association du district de Québec pour l’établissement des Canadiens français dans les townships du Bas-Canada et il est un des auteurs du manifeste Le Canadien émigrant pour que les législateurs prennent les moyens nécessaires pour endiguer le flot d’émigration. De 1851 à 1853, il est curé de la paroisse Saint-Joseph, en Beauce, et, de 1853 à 1874, curé de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, à Québec. 

En 1874, il devient le premier évêque du diocèse de Sherbrooke, érigé la même année. Ce diocèse compte plus de 30 000 fidèles, 27 paroisses et 29 prêtres missionnaires appartenant jusqu’alors aux diocèses de Québec, Saint-Hyacinthe et Trois-Rivières. Les premières actions de Mgr Racine visent à doter son diocèse d’institutions religieuses, scolaires et hospitalières stables. Dès 1875, il transforme et agrandit le Collège industriel de Sherbrooke en une institution religieuse qu’il nomme Séminaire Saint-Charles-Borromée, probablement d’après le nom de la paroisse de naissance et de mariage de sa mère. Il en est le premier supérieur et préfet des études jusqu’en 1878. La même année, il fonde l’hospice du Sacré-Cœur sur la rue Wellington Sud, qu’il confie aux Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe ;  cet hospice sera rebâti sur la rue Belvédère Sud en 1887 et deviendra l’hôpital D’Youville en 1969. En 1880, avec des patriotes convaincus comme l’abbé Alfred-Élie Dufresne et Jérôme-Adolphe Chicoyne, Mgr Racine fonde la Société de colonisation de Sherbrooke qui, au cours des 12 prochaines années, favorisera la fondation de 54 nouvelles paroisses, dont celle de Sainte-Praxède, qu’il érige en 1885. En 1882, il fait construire l’école du Centre, à l’intersection des rues Ball et Gillespie, et en confie la direction aux Frères du Sacré-Cœur. 

Mgr Racine décède d’un arrêt cardiaque en 1893. Il est inhumé sous la première cathédrale de Saint-Michel et ses restes sont transférés dans la crypte de la cathédrale de Saint-Michel en 1918.

Annuaire du Séminaire Saint-Charles-Borromée, Sherbrooke, 1894-95, vol. III, no 4.

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