
Alexandre Carrier est un homme occupé. Il parcourt plus de mille kilomètres par semaine pour vivre sa passion aux quatre coins de la province, mais, à la fin, il revient toujours à sa demeure de Bromptonville, là où tout a commencé.
Alexandre Carrier est un homme occupé. Il parcourt plus de mille kilomètres par semaine pour vivre sa passion aux quatre coins de la province, mais, à la fin, il revient toujours à sa demeure de Bromptonville, là où tout a commencé.
Formé comme éducateur physique à l’Université de Sherbrooke, Alexandre est entraîneur-chef et propriétaire de l’école de hockey spécialisée en gardiens de but Hockey Perfo. Son entreprise offre du perfectionnement aux gardiens de tous les niveaux, du hockey mineur aux rangs professionnels. Elle est reconnue partout sur la planète et accueille même des athlètes de l’Europe et de l’Asie. En plus de son rôle d’entrepreneur, Alexandre est l’entraîneur des gardiens des programmes scolaires de Bishop’s College School (BCS) et de Stanstead College, des Cantonniers de Magog dans la ligue M18 AAA en plus de faire la navette au Saguenay pour s’occuper des gardiens de but des Saguenéens de Chicoutimi, plus récents champions de la coupe Gilles-Courteau dans la Ligue de Hockey Junior Maritimes Québec, poste qu’il occupe depuis 2015.
Jean-Simon Demers : Qu’est-ce qui t’a amené à devenir entraîneur de gardiens de but de haut niveau?
Alexandre Carrier : Dans la vie, tout est une question de timing. Il faut être à la bonne place, au bon moment. Je trouvais qu’il manquait d’encadrement pour les gardiens de Brompton. J’ai commencé avec quelques séances à l’aréna Philippe-Bergeron pour les gars du coin. Des amis et des anciens entraîneurs m’ont aidé et j’ai vite vu que c’était apprécié, que ça répondait à un besoin. Ça devenait populaire, les gens en redemandaient. Jocelyn Thibault m’a ensuite approché pour ses écoles de hockey et on a commencé à me connaître. J’ai été recruté par les Cantonniers de Magog et Félix Potvin en 2013. Depuis, mon école de hockey a grandi et j’ai la chance de vivre de mon métier d’entraîneur en combinant différents mandats.
Jean-Simon Demers : Qu’est-ce qui te caractérise en tant qu’entraîneur des gardiens?
Alexandre Carrier : Je suis quelqu’un de très demandant et très exigeant sur les détails. À l’inverse, je donne beaucoup. Je voyage constamment pour être présent pour les gardiens des différentes équipes. Je ne prends pratiquement jamais de vacances pour pas que mes gardiens de haut niveau manquent de semaines d’entraînement l’été. Les gars savent que je suis là pour eux, je m’attends au même engagement de leur part.
Je suis aussi un entraîneur qui aime innover, qui est toujours à l’affût des nouvelles technologies. J’aime discuter avec les autres entraîneurs, m’inspirer de ce qui se fait dans les autres sports, dans les autres pays et apprendre des autres cultures. Pour un gardien, la technique est importante, mais l’attitude et l’état d’esprit sont essentiels pour t’amener à un autre niveau.

Jean-Simon Demers : Tu es entraîneur pour plusieurs programmes en Estrie en plus de celui des Saguenéens, à quoi ressemble une semaine typique pour toi?
Alexandre Carrier : Normalement, en début de semaine, je m’occupe des Cantonniers, de Stanstead et de BCS. Le mercredi ou jeudi je monte au Saguenay pour quelques jours afin d’encadrer les gardiens des Saguenéens de Chicoutimi. La fin de semaine, j’ai toujours mon école de gardiens et je me promène selon les matchs des Sags et des Cantonniers. Il m’arrive souvent d’être à un match des Cantonniers et regarder un match de mon équipe junior en même temps. Les joueurs plus jeunes des Cantonniers ont davantage besoin de moi pendant un match, entre les périodes. Les gardiens juniors, eux, sont plus autonomes, ils savent comment se préparer.
Jean-Simon Demers : Vous avez remporté les séries éliminatoires de la LHJMQ au printemps dernier dans une finale complètement folle contre Moncton. Comment tu prépares un gardien pour de tels moments de pression?
Alexandre Carrier : Les championnats, c’est bien, mais ce n’est pas important pour moi. Chaque expérience te prépare pour le futur, et c’est toujours mon angle d’approche. Notre gardien, Lukas Beckman est un athlète très talentueux, avec le potentiel même de jouer pour l’équipe canadienne au prochain Mondial junior. Je lui disais que ce qu’il est en train de vivre n’était que la préparation pour des moments encore plus difficiles, avec plus de pression, plus tard, dans sa carrière. Le match numéro cinq, lorsque nous sommes revenus de l’arrière par quatre buts en troisième période, était complètement fou. Le mérite revient vraiment aux joueurs. Les leaders se sont levés.
Jean-Simon Demers : Quels sont tes plans futurs, tes objectifs?
Alexandre Carrier : Je ne cache pas que j’aimerais monter dans le hockey professionnel. Mais ce n’est pas parce que tu deviens entraîneur dans la ligue américaine que c’est le bon endroit pour toi. Je suis bien en ce moment avec mon école, mes équipes, j’attends d’avoir la bonne occasion, la bonne situation. Je continue de voyager au Saguenay parce que je suis bien dans cet environnement. Si je change, c’est que le fit est bon.
Photos : page Facebook de Hockey Perfo.
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