De l’Afrique à Bromptonville : Rufus et Léticia construisent leur nouvelle vie

Originaires du Cameroun, Rufus Nteumagne Noumessi et Léticia Onambele Akamba ont choisi de faire du Québec leur nouvelle terre d’accueil. Arrivé au Canada le 8 avril 2024, le couple, marié depuis 2021, s’est finalement établi à Bromptonville, séduit par le paysage et la tranquillité du secteur.

Par Anne-Marie Auclair

Originaires du Cameroun, Rufus Nteumagne Noumessi et Léticia Onambele Akamba ont choisi de faire du Québec leur nouvelle terre d’accueil. Arrivé au Canada le 8 avril 2024, le couple, marié depuis 2021, s’est finalement établi à Bromptonville, séduit par le paysage et la tranquillité du secteur.

Pour Rufus, le projet d’immigration avait commencé quelques années auparavant. En 2019-2020, alors qu’il débutait sa carrière comme enseignant au Cameroun, un proche de la famille, consultant en immigration, lui avait parlé des besoins en enseignants au Canada et de la possibilité d’y poursuivre ses études. La démarche s’était toutefois révélée coûteuse et Rufus, très attaché à sa famille, avait décidé de mettre le projet sur pause.

De son côté, Léticia avait longtemps envisagé de rejoindre sa mère, installée en Allemagne depuis plus de 20 ans. Elle avait tenté à plusieurs reprises d’immigrer, sans succès.

« Chaque fois qu’on sortait du bureau d’immigration avec un refus, c’était un coup de massue », raconte-t-elle. À force de démarches infructueuses, elle avait fini par ne plus croire à son projet d’immigration.

Après leur rencontre, le couple a finalement relancé les démarches, cette fois ensemble, et le Canada s’est imposé comme destination. Leur projet s’est concrétisé en 2024.

Un premier contact avec le Québec

Le premier hiver n’a pas été vécu de la même façon par les deux nouveaux arrivants. Pour Léticia, voir la neige pour la première fois a été magique.

« La première fois que je suis sortie et que tout était blanc, j’ai dit : “Wow, c’est comme à la télé !” »

Pour Rufus, le choc est venu d’ailleurs. Arrivé durant la nuit, il s’attendait à retrouver, au réveil, une certaine animation dans les rues. Au Cameroun, explique Léticia, les gens sont très présents à l’extérieur et les rues sont rarement désertes.

Le lendemain matin, Rufus s’est approché de la fenêtre, s’attendant à voir des gens circuler. Mais il n’y avait pratiquement personne, seulement quelques voitures.

« Il se demandait : “Mais où sont les gens ? Ils sont où ?” », raconte Léticia.

Le calme matinal du quartier, très différent de l’animation des rues camerounaises, a surpris le couple. Ce contraste fait partie des ajustements culturels que vivent plusieurs nouveaux arrivants.

Reconstruire sa carrière

Depuis leur arrivée, Rufus et Léticia ont dû adapter leur parcours professionnel à leur nouvelle réalité.

Enseignant de formation, Rufus poursuit actuellement une maîtrise qualifiante afin d’obtenir son brevet d’enseignement au Québec. En parallèle, il effectue des contrats de remplacement. Après avoir travaillé à l’école La Montée en 2025 et au Goéland en 2026, il enseigne maintenant les mathématiques et les sciences à l’école La Frontalière, à Coaticook.

Il a également fondé Lave Propre, une petite entreprise d’entretien ménager, développant ainsi son côté entrepreneurial en parallèle de ses études et de son travail.

Léticia possède pour sa part un baccalauréat en droit privé et une maîtrise en gestion de projet. Malgré la reconnaissance initiale de ses études, L’évaluation réalisée au Québec n’a pas permis d’établir une équivalence directe. Comme plusieurs nouveaux arrivants, Léticia a dû explorer d’autres voies professionnelles pour s’intégrer au marché du travail.

« J’étais un peu perdue. Je me demandais : si on ne reconnaît pas mes diplômes, qu’est-ce que je vais faire ? »

Elle a commencé à travailler chez Attitude, où elle a progressivement assumé différentes responsabilités. Depuis environ un an, elle travaille à la Banque TD. Après six mois à la caisse, elle est devenue conseillère bancaire personnelle en juin dernier.

Redonner à son tour

Très impliqué dans leur communauté, le couple participe notamment aux activités du Samaritain, un organisme qui distribue des paniers aux familles dans le besoin. Léticia contribue à l’accueil et à l’inscription des nouveaux bénéficiaires.

Rufus, qui joue de la basse au sein de l’équipe de louange, consacre également beaucoup de temps aux nouveaux arrivants. Fort de sa propre expérience, il les accompagne dans leurs premières démarches : recherche de logement, transport, meubles, CV, recherche d’emploi et même premiers déplacements vers leur nouveau travail.

Forts de leur expérience, ils offrent un soutien bénévole aux nouveaux arrivants, en complément des ressources disponibles dans la région.

« Hier, Léticia et moi, nous sommes rentrés à minuit parce que nous sommes allés accueillir une nouvelle famille qui venait d’arriver à Sherbrooke », raconte Rufus.

Ces demandes d’aide arrivent principalement par le bouche-à-oreille. Il récupère aussi des meubles et des articles de seconde main pour aider à meubler les logements des nouveaux arrivants.

Aujourd’hui, Rufus et Léticia souhaitent poursuivre leur vie à Bromptonville et y construire leur avenir. Entre leurs carrières, leurs projets, leur implication bénévole et leur désir de fonder une famille ici, ils prennent peu à peu leur place dans leur nouvelle communauté.

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