La mort des autres, de Mélanie Noël

Par Hélène Robert

Le 31 mars dernier, j’assistais au lancement du livre de la Sherbrookoise Mélanie Noël  : La mort des autres. 

La présence de nombreuses personnes attestait de la notoriété de cette écrivaine et probablement que le sujet lui-même y était aussi pour quelque chose, car la mort, un sujet plutôt rebutant j’en conviens, ne laisse personne indifférent. 

Délaissant sa carrière de journaliste, Mme Noël craignait beaucoup de s’ennuyer de l’aspect social que lui procurait son métier. C’est ainsi que lui est venue l’idée de faire du bénévolat auprès de malades de la Maison Aube-Lumière. Son livre La mort des autres raconte l’histoire de gens qui gravitent dans ce milieu  : soignants, patients en phase terminale et proches accompagnateurs. Elle a appris à les aimer. Parfois à rebours, en quelque sorte, sans les connaître. Elle y dresse un portrait d’une grande tendresse et plein de bienveillance.

J’ai apprécié la structure narrative de La mort des autres. Le récit exploite trois sous-thèmes qui se succèdent au fil des courts chapitres. Cette façon de faire permet d’alléger l’ambiance et d’insérer des transitions sur le sujet. Les visites à la Maison sont donc entrecoupées de statistiques et autres informations pertinentes sur ses expériences personnelles face au décès de personnes proches. Elle rappelle que la maison de soins palliatifs est un lieu où douceur et lenteur rythment les journées et apportent réconfort aux patients qui y séjournent. L’auteure se pose de nombreuses questions, généralement orphelines de réponse, sur la mort des autres et sur la sienne, nous entraînant ainsi dans un dédale de réflexions. C’est d’ailleurs pour mieux comprendre la mort, l’apprivoiser, la dédramatiser, que Mme Noël s’est investie auprès de personnes en fin de vie. Bien qu’on pourrait croire le sujet ardu et morose, et malgré une anxiété palpable face à ce sujet, l’auteure a su rendre son récit intéressant et chaleureux. Les nombreuses anecdotes et histoires d’amour empreintes d’empathie et de mansuétude viennent adoucir le sujet. La poésie qui teinte ce récit (elle a d’ailleurs des recueils de poésie à son actif) amène cette touche de tendresse qui apaise. Les nombreuses références révèlent l’importance des recherches menées par l’écrivaine. 

Piquée de curiosité par cette belle découverte, je viens tout juste de terminer avec emballement la lecture de deux de ses livres  : Debout dans vos absences et Piéger l’éternité, tous deuxédités en 2023. Je vous invite donc à découvrir, si ce n’est déjà fait, cette auteure de grand talent.

À propos de l’auteure

« Mélanie Noël participe à de nombreux projets qui ont en commun l’écriture. Journaliste à La Tribune de Sherbrooke de 2005 à 2022, elle remporte le Prix Judith-Jasmin en 2015, une première dans le milieu médiatique en Estrie. À titre de parolière, elle collabore avec de nombreux artistes québécois. Ses paroles sont sur trois albums ayant remporté un Félix au Gala de l’ADISQ. L’exposition Les futurs disparus, qui réunit les photographies de René Bolduc et la poésie de Mélanie Noël, est présentée dans différents lieux au Québec dont le Musée des Beaux-arts de Sherbrooke et la Maison de la littérature à Québec. Elle a publié les recueils de poésie Inséparables distances (2022) et Piéger l’éternité (2024) ainsi que les romans Debout dans vos absences (2023) et L’intimité du chaos (2024). En 2023, elle a été lauréate du Prix du CALQ – Artiste de l’année en Estrie. Elle a pour thème de prédilection les liens humains qui nous unissent malgré toutes les distances imposées par le quotidien, le vieillissement, les refroidissements relationnels, la fatalité. Sachant qu’elle ne peut pas arrêter le temps ni le changement, elle sème des mots qui inspirent une réconciliation avec l’éphémère. »


https ://www.melanie-noel.com/bio

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