
J’ai lu récemment le dernier roman d’Olivier Lussier : Ouananiche, amitiés, deuils et pêche à la mouche. J’ai regretté de ne pas avoir assisté au lancement de ce livre qui s’est tenu à la librairie Les Appalaches; j’en aurais appris davantage sur cet écrivain sherbrookois que je viens de découvrir.
J’ai lu récemment le dernier roman d’Olivier Lussier : Ouananiche, amitiés, deuils et pêche à la mouche. J’ai regretté de ne pas avoir assisté au lancement de ce livre qui s’est tenu à la librairie Les Appalaches; j’en aurais appris davantage sur cet écrivain sherbrookois que je viens de découvrir.

Ouananiche est un roman plutôt multigenre, situé entre l’essai, le recueil de poésie et l’autofiction. Ce roman, c’est plus que des histoires de pêche; c’est le témoignage de l’apport bénéfique que procure la passion, surtout si elle est liée à la communion avec la nature. C’est aussi cette fascination envers ces lieux naturels, ce lien bien spécial qui a permis au romancier et poète de dissoudre sa tristesse, d’évacuer l’ennui et donc de se sentir bien.
L’auteur nous livre ses réflexions et ses vagues à l’âme, donnant ainsi un caractère très intimiste et émouvant au récit. Il partage la grande affection portée à ses trois grands-pères, il relate des anecdotes touchantes, il nous fait part de la tristesse et du vide soulevés par leur départ à quelques années d’intervalle. Il se confie avec une grande sensibilité sur la fragilité des amitiés masculines, particulièrement celle de son grand ami, victime d’un mal-être insoutenable. L’auteur a confié dans une entrevue : « Je pense que j’ai écrit sur mes morts parce que ça me permettait de passer du temps avec eux. Ils m’ont accompagné beaucoup plus longtemps que ce qui était décent de penser. Mes morts ont pu se sédimenter en moi. »
Olivier Lussier agrémente son livre de poèmes parsemés ici et là au sein des divers chapitres du livre; lui qui « aime croire que le meilleur pêcheur restera toujours celui qui se perd dans un poème entre deux truites ». On affectionne ces insertions qui ajoutent une douce note de sensibilité aux ressentis du narrateur.
Pour compléter son histoire, l’auteur glisse des descriptions bien détaillées, style « pêche à la mouche 101 », sur les techniques de cette pêche et ses accessoires : la canne, l’importance du choix de la soie qui est ce long fil qu’on projette devant soi, les types de mouches faites de matériaux naturels ou de plumes et poils synthétiques ainsi que les indices permettant la détection de bonnes fosses où trouver plus de poissons. Il rappelle que cette partie du livre peut être escamotée sans problème si elle suscite peu d’intérêt, mais j’avoue qu’elle m’a permis de bien comprendre et, surtout, apprécier toute la complexité de ce style de pêche.
Une belle découverte qui m’incite à lire son premier roman Cariacou écrit en 2023, dont le style a inspiré la rédaction de Ouananiche, alors que l’auteur allie chasse et poésie.
À propos de l’auteur
Olivier Lussier se définit ainsi : « Je fais des livres de poésie de régions, et, pour moi, c’est un genre d’exploit. Je suis très fier de ça ».
Diplômé en ingénierie mécanique de l’Université de Sherbrooke, il publie son premier recueil de poésie en 2014, puis son deuxième livre, Cariacou, en 2023. Ouananiche est son plus récent roman, paru en 2026. « Lussier croit que la création doit déranger et être sincère. Sa langue, marquée par ses origines ouvrières, porte des textes vulnérables et authentiques, habités par une pensée qui oscille entre l’espoir et la chute. »
Sources :
https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2026-06-06/ouananiche-amities-deuils-et-peche-a-la-mouche/olivier-lussier-part-a-la-peche-avec-les-hommes-de-sa-vie.php
https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2023-09-23/olivier-lussier/a-la-chasse-aux-chevreuils-et-aux-poemes.php
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/il-restera-toujours-culture/segments/rattrapage/2385775/olivier-lussier-pour-ouananiche-amities-deuils-et-peche-a-mouche-ta-mere
https://www.olivierlussier.org/